Rouges de colère car les classes populaires ne doivent pas payer la crise du capitalisme.



Verts de rage contre le productivisme qui détruit l’Homme et la planète.



Noirs d’espoir pour une société de justice sociale et d’égalité


dimanche 29 janvier 2017



N’attendons pas que l’orage étincelle
Si aujourd’hui nous n’allons pas marcher
Pour gagner le prix de notre liberté
Demain nous risquons de ramper
Pour obtenir la paix

Hassen


Présidentielles. Législatives…
Pour que rien ne change, sinon en pire
Quelques réflexions en ce début 2017


Il est toujours hasardeux de faire des pronostics. Toutefois, un certain nombre de constats s’impose. Il  y a d’abord le trop plein de candidats pour les présidentielles chargées, à l’origine, d’imposer un homme providentiel. Or, aucun des prétendants ne peut revendiquer ce titre et pour cause : la faillite du néolibéralisme est avérée. Et pourtant tous ceux qui entendent poursuivre dans cette voie sont persuadés que, pour regagner des parts de marché sur les concurrents, séduire les investisseurs étrangers et réduire la dette publique, il n’y a pas d’autre alternative. D’où un grand désarroi et une surenchère démagogique dans les partis dits de gouvernement. Fillon, Valls, Macron à quelques variantes près, sont les champions de cette voie cul-de-sac, même si, au PS, les promesses sociales ont surtout pour objet de sauver l’appareil en déconfiture…

Fillon s’est imposé à la primaire de la droite. Les régressions qu’il a annoncées en particulier la privatisation partielle de la Sécurité Sociale et la régression des droits des chômeurs effraient un électorat centriste. C’est que les classes moyennes elles-mêmes sont affectées désormais par la crise. Des voix s’élèvent dans son propre camp pour l’inviter à revoir ses mesures les plus impopulaires.

La gauche de droite est au bord de l’implosion. Hollande a liquidé le PS d’antan mais pour certains, il faut sauver les meubles car tous savent que la défaite annoncée est irrémédiable. Montebourg, Hamon et quelques autres veulent s’apprêter à vivre dans l’opposition avec une ligne relookée. Quant aux barons et autres députés, ils tentent de se réfugier dans leur fief en priant de ne pas être emportés par la Berezina.

Quant à Macron qui, entre deux eaux, tarde à révéler son propre programme, tout en faisant croire que l’ex-banquier de Rothschild, ministre de l’économie du gouvernement Hollande, est un homme nouveau, il apparaît pour l’heure comme une bulle médiatique prête à crever. Il semble pourtant qu’à défaut de Bayrou qui n’est pas entré dans la course il puisse encore séduire une frange conséquente des classes moyennes ubérisées.

L’incertitude n’est apparemment plus de mise malgré le bruit médiatique tentant de vendre ces produits faisandés. Malgré la propagande invitant au civisme des inscriptions électorales, le taux d’abstention ou de vote blanc ou nul risque d’atteindre un chiffre record. Et c’est bien ce qui explique, pour partie, cette propagande effrénée pour les présidentielles. Il s’agit de faire croire qu’il s’agit d’un enjeu majeur.

A la gauche de gauche, Mélenchon et les candidats du NPA et de LO peuvent au total faire un score honorable (de 12 à 15%) sans pour autant changer la donne. Celle d’une montée en puissance de Le Pen. Elle pourrait bien passer en tête au 1er tour. Au second tour, tous, les médias, les apparatchiks des partis voudront rééditer le coup de Chirac contre Le Pen de 2002. Même si l’exercice s’avère désormais plus difficile, cela pourrait encore marcher. Mais tous éviteront de dire qu’une Marine Le Pen présidente sans majorité serait impuissante. Le scrutin uninominal à deux tours et le vote dit républicain contre ce candidat bloqueront sa mise en orbite gouvernemental. C’est là qu’il convient de mobiliser la mémoire historique : les partis fascistes, en Italie comme en Allemagne, ne sont parvenus au pouvoir qu’en alliance avec les partis conservateurs et sur fond de crise économique et sociale apparemment insurmontable. En France, on n’en est pas encore là bien que le Front dit républicain ait désormais du plomb dans l’aile.

En tout état de cause, le scénario le plus probable au sortir de cette séquence électorale pourrait bien prendre la forme d’un président mal élu et d’une assemblée parlementaire sans majorité stable. Ce serait, plus tôt que prévu, la reconduction de ce qui s’est passé en fin de mandat « hollandais ». C’est d’ailleurs ce cas de figure que veut éviter Fillon en cadenassant les investitures en vue des législatives. En fait, ce nostalgique du thatchérisme revu à la sauce traditionnaliste catho, se trompe d’époque. Il pourrait bien s’en apercevoir assez vite.

Il y a d’abord l’élection de Trump aux Etats-Unis. Avec la politique qu’il compte mener, la montée des taux d’intérêt, le retour à l’inflation sont plus que probables. L’Europe va continuer de se déconstruire et la concurrence entre pays s’aggraver. A moins que les velléités de promouvoir de grands travaux, telles qu’annoncées par le BCE se traduisent dans la réalité. Cette supposition, elle-même, se heurterait au mur de l’argent, aux énormes dettes publiques accumulées et à la voracité des bancocrates. Et l’on ne voit pas poindre, ne serait-ce qu’un début de volonté de leur faire rendre gorge, après un audit et la socialisation de la majeure partie du secteur bancaire, même si la gauche de gauche avance des solutions en ce sens.

Ce qui est sûr, en revanche, c’est que le gouvernement qui sera issu des urnes disposera de l’arsenal législatif répressif et liberticide que le parti « hollandais » lui a offert.

Comment réagiront les classes ouvrières et populaires ? La lassitude, l’écoeurement prévaudront-ils ? On peut arguer qu’un retour de l’inflation, et donc l’érosion accélérée du pouvoir d’achat, pourraient créer un contexte favorable à une mobilisation d’ampleur… Mais ce qui manque encore, c’est l’émergence d’un projet alternatif largement partagé. Encore qu’il faille mettre un bémol à cette affirmation car le projet national-social de Le Pen trouve désormais un écho politique y compris dans les classes populaires. C’est d’ailleurs le cas dans pratiquement toute l’Europe.

A ces constats insuffisants pour émettre des prédictions, il faut ajouter d’autres éléments plus fondamentaux qui, à tout moment, peuvent bouleverser la donne. Quoiqu’en disent les éditorialistes, les leçons de la crise de 2007-2008 n’ont pas été tirées. L’économie mondiale est toujours assise sur un baril de poudre. Des bulles financières peuvent éclater à tout moment et des conflits, apparemment gelés, aggraver la situation de nombreux pays, comme on l’a vu dans le flux migratoire de ceux qui fuient la guerre et la misère. Il y a la dette des pays émergents, les prêts étudiants aux USA, l’immobilier en Chine, au Royaume (des)Uni, les déficits en Europe.

Quant au bilan des banques centrales, il est gigantesque(1) et sous-capitalisé. Elles sont d’ailleurs arrivées au bout de ce qu’elles peuvent faire en inondant le marché de liquidités, en fixant le loyer de l’argent au plus bas. Elles n’ont plus aucune marge de manœuvre et n’ont pas réussi à « relancer la croissance ». La finance est loin d’avoir été domestiquée. Les produits dérivés spéculatifs sont incendiaires, le retour de la titrisation, qui a provoqué la crise de 2007-2008, est inquiétant.
Les banques privées après la période de fusions-acquisitions, sont des établissements systémiques, « trop grosses pour faire faillite » et les populations toujours requises pour socialiser les pertes en cas de krach. En effet, ce ne sont pas les quelques mesures prises à leur encontre pour faire payer les actionnaires qui suffiront, en cas de panique, d’autant que les dominants défendront leurs intérêts becs et ongles.

Enfin, il y a le danger de l’utilisation de l’informatique dans les transactions financières. Ce sont désormais les ordinateurs qui, par l’intermédiaire des fameux algorithmes, décident des ordres d’achat et de vente. Ils forment un réseau vulnérable à une incontrôlable explosion.

Tous ces éléments ne nous disent rien sur la manière dont les classes moyennes appauvries, les classes populaires précarisées vont réagir à l’amplification probable des inégalités et à la domination d’une élite mondialisée arrogante de super-riches.

Au regard de ce qui précède, une course de vitesse entre l’extrême-droite et les partisans du socialisme démocratique résolument anticapitaliste pourrait s’engager... Les aspirations démocratiques peuvent-elles l’emporter sur la finance capitaliste? La réponse est dans la rue et non dans les urnes pour au moins, dans un 3ème tour social, faire reculer les dominants et prospérer une alternative radicale au système capitaliste.

Gérard Deneux, Amis de l’Emancipation Sociale, le 8.01.2017

(1)   En particulier par le rachat de dettes des Etats sur le marché secondaire


Rusé, le Macron !

Les dessous de la campagne médiatique de Macron.
Tout s’explique, tout devient clair concernant sa fulgurante présence dans les sondages !!!

Patrick Drahi, X-polytechnicien, est un Grand Financier, d’origine juive marocaine. Il vit en Suisse et sa holding ALTICE est au Luxembourg. Depuis quelques années, il intervient dans le domaine des télécommunications en France, avec le rachat de SFR à Vivendi notamment. Homme peu scrupuleux, surendetté, néanmoins à la tête d’une fortune de 14 milliards, dit-on, il a racheté en France Next Radio propriétaire de BFM TV en 2015 à Weill. Et il a fusionné l’ensemble appelé ALTICE MEDIA avec le concours de Bernard Mourad, ancien banquier d’affaires de Morgan Stanley, qu’il vient de déléguer chez MACRON comme conseiller spécial chargé du financement de sa campagne.
Par ailleurs, les hebdomadaires l’Express et Libération font partie de son groupe ALTICE. Il n’a pas hésité à licencier des milliers de salariés chez SFR et à l’Express où son homme de confiance, le journaliste Christophe Barbier, ex-directeur de la rédaction du journal (ayant démissionné suite aux attaques des syndicats) dont il reste le porte- parole sur les chaînes de télé en faveur de MACRON. Les observateurs commencent à constater que BFM TV et l’Express font campagne pour Macron avec un matraquage journalier en sa faveur !!!

En réalité, quand il était ministre de l’économie et des finances à Bercy, Macron a rendu un service inestimable à Drahi En 2014, Drahi est en concurrence avec Bouygues Telecom pour racheter SFR. Montebourg, ministre de l’économie et des finances, avant d’être débarqué du gouvernement s’oppose au rachat de SFR par Drahi, estimant qu’il doit se mettre en règle fiscalement avec la France alors que sa Holding ALTICE est au Luxembourg, qu’il vit en Suisse et qu’il a la nationalité israélienne. Dès son arrivée à Bercy, le 28 octobre 2014,… Macron, nouveau ministre, signe le décret en faveur de Drahi, l’autorisant à racheter SFR et déboute Bouygues Télécom. La campagne de Macron est désormais soutenue puissamment par un groupe MEDIAS de télévisions et journaux, sans compter des ramifications avec l’institut de sondage dirigé par Jean-Daniel LEVY, INTERACTIVE qui publie des sondages de connivence sur Macron.

Il est temps que le voile se déchire et se lève sur le candidat de « la modernité » qui abuse le « bon » peuple en se faisant passer pour un candidat antisystème !!! On peut parier que l’offensive de la « gauche » contre lui, avec Valls en tête se déclenchera bientôt, vers la fin janvier après la primaire, à moins que la Grande Finance internationale, ne soit « en marche » pour propulser Macron à la présidence de la République et obtenir ainsi, au plus haut sommet de l’Etat, un soutien inconditionnel de la petite mascotte, son dévoué serviteur.

Après Hollande : « Mon ennemi c’est la finance », nous avons désormais à « gauche » Macron : « Mon amie c’est la finance ». Les électeurs de droite auraient bien tort de ne pas lui faire confiance !

le 15.01.17, transmis par Jano




2017. Année de tous les dangers… de toutes les espérances ?

L’élection de Trump à peine scellée, on a assisté à une farce tragique comme pour conjurer le sort funeste qui semble surgir de la boîte de Pandore. La résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU, avec l’abstention de la défunte administration Obama, condamnant la colonisation israélienne, tout comme la conférence de Paris qui s’en est suivie, ne sont pas autre chose. Que des chefs d’Etat réaffirment, après l’avoir de fait niée, la nécessité d’un Etat palestinien, apparaît comme la tentative de protéger contre lui-même l’Etat colonial d’Israël. Tous ces personnages semblent effrayés par la possible montée de la rage, du désespoir, de son éventuelle contamination par l’islamisme terroriste qu’ils ont peu ou prou provoqué, voire encouragé.

La fin de l’ère Obama, sur le plan international comme sur celui de la politique intérieure, résonne comme un échec.

Celui, d’abord, d’avoir voulu « diriger le monde de l’arrière » en utilisant la chair à canons arabe, les drones des assassinats prétendument ciblés qui, de fait, ont entraîné l’extension de la guerre (Syrie, Pakistan, Somalie, Yémen) (1). Comme un boomerang, le ressentiment haineux contre l’Occident a nourri et grossi les rangs djihadistes. Quant à « pivoter vers l’Asie » et contenir la Chine, la plus grande puissance militaire du monde n’a pu que constater le délitement de sa domination (Corée du Sud, Japon). Au Moyen-Orient, les puissances fragiles mais dictatoriales, la Russie, l’Iran, la Turquie dament le pion à l’aigle impérial. Trump entend y remédier. Son isolationnisme  n’est que la réaffirmation brutale des seuls intérêts états-uniens, y compris militaires. Les tapis de bombes pourraient succéder aux drones et conseillers militaires. Les loups de Wall Street et les militaristes qui composent son gouvernement ne sont pas herbivores. Les démagogues électoralistes vont vite révéler leur caractère carnassier.

Dans la continuité obamanesque, les requins de la finance, les 1%, vont continuer de se nourrir des petits poissons. Certes, les Etats-Unis sont déjà le pays où, proportionnellement à sa population, l’on incarcère le plus, celui où le racisme gangrène une société malade de sa désindustrialisation. Mais, si Trump entend faire souffrir encore plus ce grand corps malade, au bord d’une guerre civile froide, il se heurte déjà aux Afro-américains, aux femmes, aux écologistes, à tous ceux qui avaient espéré en Sanders. Le mouvement de contestation s’est levé, les tensions ne peuvent que s’accroître… Il en est de même dans le reste du monde pour le pire et le meilleur.    

Les poussées nationalistes et la xénophobie dans le monde dévoilent en creux désarroi, confusion, rancoeurs, mauvaise foi, qui lorgnent sur un hypothétique homme providentiel, un sauveur suprême. Ces passions tristes se heurtent aux passions joyeuses, celles de l’engagement collectif qui, pour que le monde change, clament : « La caste politicienne ne nous représente pas, leur démocratie n’est pas la nôtre ».

Les plaques tectoniques se sont mises à bouger tant sur le plan géopolitique qu’au sein des formations sociales. Nous sommes de nouveau en train de changer d’époque mais nous ne savons pas encore ce qu’elle nous réserve. L’ancien tarde à mourir, le nouveau ne parvient pas à naître. Dans cet entre-deux, les monstres surgissent.  (le 26.01.2017)


(1)   Lire à ce sujet Dirty wars : le nouvel art de la guerre (sous-titre Une armée secrète, une mission sans frontière, une guerre sans fin) de Jeremy Scahill, 2014, édition Lux